Enquête de fréquentation sur la via Podiensis et les variantes du Célé et Rocamadour (1):

L’Office du Tourisme Cahors-St Cirq Lapopie, le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy et l’Agence de Développement Touristique du Lot ont réalisé une grande enquête de fréquentation à l’aide de cinq éco-compteurs sur les trois GR® de la région, à savoir :

  • Le GR65® – Via Podiensis – les 3 éco-compteurs sont situés :

1 – À Felzin (entrée du département)
2 – À Varaire
3 – À Labastide Marnhac en aval de Cahors

  • Le GR651® – 1 appareil sur la variante du Célé à Marcilhac sur Célé
  • Le GR652® – 1 appareil sur la variante allant de Rocamadour à la Romieu

Cette enquête a été effectuée en 2015 et la version 2016 du même rapport sera complétée par les chiffres d’un nouveau compteur, installé en janvier 2016, et situé à Gramat sur la variante de Figeac à Rocamadour (GR6®).

Une étude complémentaire a été réalisée du 27 avril au 30 août 2015, par deux stagiaires, sur trois lieux différents d’enquête avec des sondages auprès des pèlerins et autres randonneurs.

Ce travail scientifique n’avait jamais été effectué avec une telle précision sur la fréquentation du chemin et je vais vous donner les résultats de ce travail avec quelques chiffres assez étonnants.

Les deux enquêteurs ont réalisé 829 enquêtes d’où 1800 personnes au total, soit 361 à Cahors, 376 à Varaire et 92 sur la variante du Célé à Marcilhac.
Les pèlerins et randonneurs ont donné des éléments sur leur pratique du chemin, leur propre profil ainsi que sur les services plus ou moins appréciés sur le chemin.

Je vais vous présenter les résultats de cette enquête de fréquentation chiffrée et qualitative, mais je ne vous ferai pas d’analyse de ces chiffres car je ne suis ni géographe et encore moins statisticien, même si je vous livrerai quelque peu mes ressentis. Alors libre à vous d’interpréter comme il vous convient ces éléments mais les chiffres seuls donnent déjà pas mal d’indications pour le moins surprenantes.

A – L’AGE DES PÈLERINS ET RANDONNEURS :

tableau et graphique de l'âge des pratiquants sur le chemin de St Jacques de Compostelle
Ce graphique représente l’âge des pratiquants sur les trois parcours décrits plus haut.
Au risque de faire paraitre les pèlerins pour des gens du 3ème âge, il faut bien remarquer que les pratiquants de plus de 50 ans représentent 72 % du total.
Il est à noter que ces chiffres sont identiques à ceux étudiés en 2014 vers Figeac.

 

B- ORIGINE DES PÈLERINS ET RANDONNEURS :
Il semble que l’enquête étant effectuée sur plusieurs GR® , il est difficile de déterminer la fréquentation de la Voie Podiensis. Ces chiffres concernent donc les trois parcours décrits plus haut.
Néanmoins on peut dire que 75% des pratiquants sont d’origine française. Que 2/3 des pèlerins étrangers sont de l’Europe du nord, soit les belges, les allemands et les suisses. Et que 18% de ces étrangers sont nord-américains.

Parmi les français, ont peut déduire selon ces enquêtes que deux régions d’origine prédominent chez les pratiquants. En effet la région Rhône-Alpes et l’Ile de France et plus précisément Lyon et Paris semblent être l’origine première des pèlerins français.

C- TYPOLOGIE DES MARCHEURS :

L’interrogation de 839 pèlerins sur les trois parcours donne la façon de pratiquer suivante :

typologie de pratique des pèlerins

D’autre part, on peut également définir, d’après ce sondage, que 50% des pèlerins sont des marcheurs occasionnels et seulement 10% se considèrent comme débutant en randonnée.

 

D – MOTIVATIONS DES PRATIQUANTS :

Réponses à la question : Pourquoi faites vous le chemin (deux réponses possibles) – Nb de répondants : 836

motivations des pèlerins sur le chemin de St Jacques de CompostelleIl est difficile d’analyser ces chiffres du fait des deux réponses possibles mais par exemple la croyance religieuse qui représente presque 1/4 des pèlerins et la quête de sens et de réflexion qui font 63%, sont deux bonnes surprises et ces exemples ne semblent pas correspondre aux nombreux articles de presse qui parlent de ce sujet ni à ce qui se dit ailleurs que sur le chemin.

Le chiffre de l’intérêt pour le patrimoine est très influencé par le sondage sur la variante du GR651® (Célé) qui donne 83% pour ce seul paramètre.

E – LES GUIDES ET CARTES UTILISÉS :

L’interrogation de 837 pèlerins sur les trois parcours avec deux choix de réponse possible.

Guides et cartes utilisés par les pèlerins sur le chemin de St Jacques de CompostelleComme on peut le voir sur le tableau, le Miam Miam Dodo reste l’ouvrage vedette incontesté du chemin, suivi à presque 20 points par les topo-guides de la fédération de randonnée. Les cartes zoom de chez Michelin prennent de plus en plus de place (25%) dans la besace des pèlerins grâce à leur très bon rapport poids/informations.
Et enfin je suis surpris par la petite part des autres guides (22%) qui sont quand même au nombre de trois sur le GR65® ( soit les guides Lepère, Rother et Rando-Editions).
Les utilisateurs de cartes ne représentent que 5%, ce qui n’est pas surprenant, car le poids et le coût de ce support s’avèrent vite peu pratique.
Il aurait été intéressant d’inclure dans cette étude les utilisateurs de « vrais » GPS et ceux qui se servent d’applications du même type sur leur smartphones car leur nombre ne peut qu’augmenter  avec les années, ce que nous allons voir au chapitre suivant.

F – L’ÉQUIPEMENT NUMÉRIQUE DES PRATIQUANTS :
Utilisation de matériel numérique sur le chemin de CompostelleL’équipement numérique progresse en nombre chaque année et on le ressent sur le chemin avec l’apparition des smartphones, tablettes, gps et ordi-portables.
En effet 88% des pèlerins interrogés sont équipés d’au moins un de ces matériels numériques, mais 86% des 459 répondants sont équipés seulement d’un smartphone.
Ces supports numériques sont heureusement utilisés uniquement à l’étape par 66% des pratiquants, 99% s’en servent pour envoyer des mails ou des photos réalisées sur le chemin et 48% pour des réservations d’hébergements.
Et enfin, par bonheur, 12% des pèlerins ne sont équipés d’aucun matériel numérique ( dit le type qui pérégrine avec un smartphone et une tablette).

La semaine prochaine nous vous donnerons la suite de cette étude du chemin et de ses variantes.

Donc à bientôt et Ultreïa,

 

 

4 Commentaires

  • En fait il conviendrait de connaître le taux d’échantillonnage retenu par les enquêteurs. En son absence il n’est pas possible d’associer à ces chiffres un quelconque degré de fiabilité: les incertitudes ne peuvent être mesurées statistiquement. Si le travail devait être reconduit il serait judicieux d’intégrer cette mesure de représentativité. Mais ce n’était pas forcément l’objet de l’enquête et dans tous les cas son intérêt est réel.

    • Je ne suis pas spécialiste des stats et j’ai utilisé cette étude pour les chiffres et données qui sont rares sur le chemin!
      amicalement
      Jacques

  • Je trouve cette étude plutôt intéressante mais je pense que les questions à réponses multiples en général « troublent » le jeu.Quand au peu d’utilisation de cartes cela me parait normal, non seulement pour une question de poids, mais surtout parceque le chemin étant mieux balisé qu’une autoroute les cartes n’ont aucune utilité .( les gps non plus d’ailleurs……..)
    Après c’est toujours le même problème:faire des études, des stats, oui, mais pourquoi ? Quel est le but ?
    cordialement
    Jacques

    • Bonjour Jacques,
      Le but de cette étude était, je croyais l’avoir dit dans le billet, d’améliorer les services et aménagements du chemin dans le département du Lot. On ne peut que louer ce département pour ses bonnes intentions…
      Quant aux questionnaires à choix multiples, ils sont utilisés journellement par les « sondeurs » dont on lit les résultats dans la presse quotidienne et peu de monde s’en offusque !.
      Amicalement,
      Jacques

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