Et vous emportez quoi dans votre sac à dos, les pèlerins ? (ou le contenu du sac à dos 1)

Après un petit break pendant les vacances de Noel, voici un nouveau billet comme tous les vendredis ! sur le contenu du sac à dos (1)

Si vous n’avez pas fait au moins quelques étapes sur le chemin, vous devez vous demander ce que renferme le gros sac à dos que portent les pèlerins de St Jacques de Compostelle, nous allons donc étudier avec vous ce contenu du sac de pèlerin.

Habitués de ce blog depuis pas mal de temps, (enfin j’espère!) vous n’êtes pas sans savoir que j’ai déjà fait un billet de ce genre lors de la préparation de mon pèlerinage, (et si je vous dévoilais le contenu du sac – courant Juillet) mais avec un peu plus d’expérience, je suis à même de vous proposer un « paquetage » ou contenu du sac à dos qui pourrait correspondre à celui de la majorité des jacquets.
Ce billet sera scindé en trois au vu du nombre d’objets et d’accessoires emportés, nous aurons donc ici l’article « Et vous emportez…. (1) », le (2) sera publié vendredi prochain et le (3) le vendredi suivant.

Vous le savez, je ne suis pas fan des bâtons télescopiques et du poncho, mais la plupart des randonneurs, et qui plus est les pèlerins, utilisent ces accessoires que je n’avais pas avec moi, alors je vais vous proposer ce qui devrait être le sac et l’équipement du jacquet moyen pour une saison de type « printemps-été ».

Exemple de contenu d'un sac de pèlerin

Exemple de contenu d’un sac à dos de pèlerin

Nous commencerons par un tableau qui représente le contenu du sac, accessoire par accessoire avec une numérotation située dans la colonne de gauche qui correspondra au descriptif que vous trouverez à côté ou sous ce même tableau. (Comme d’habitude cliquer sur le tableau pour le faire apparaitre plus gros).

1 – Chaussures de randonnée :
L’achat des chaussures est un élément très important dans le pèlerinage que ce soit par la technique ou le prix. En effet, de nombreux paramètres influent le choix de celles ci, comme la distance, l’état du chemin, la saison, l’âge et l’état physique du marcheur.
De nombreux modèles inondent le marché de la randonnée, et un article complet sur le sujet mériterait sa place dans un blog sur St Jacques de Compostelle.
On peut choisir entre les tiges hautes et les basses, mais aussi certains pèlerins chaussent des sandales de randonnée qui, pour ceux qui les ont mises aux pieds, l’essayer c’est l’adopter !.
Pour ma part, j’ai  lu beaucoup de tests et commentaires sur les sites spécialisés et je me suis rendu chez mon revendeur spécialisé où un vendeur expert en matos de randonnée m’a conseillé. J’ai pris un modèle à tige basse avec une (vraie) semelle Vibram, d’une pointure supérieure d’une taille à la mienne. Après les avoir essayées lors des entrainements, je n’ai jamais eu de problèmes d’ampoules lors de mon parcours. Mais si je ne peux vous donner qu’un seul conseil : ne partez pas avec des chaussures neuves !.

2 – Chaussures légères pour soirée :
Les sandales utilisées pour marcher sur le chemin, comme vu au chapitre précédent, peuvent également servir le soir à l’étape, mais de nombreux pèlerins optent pour les tongs, très légers. Les crocs, d’un poids faible eux aussi, permettent de marcher en fin d’après midi pour visiter le village ou les monuments. Les espadrilles peuvent être aussi un choix pour ces moments.

3 – Sac à dos 45 à 50 litres :
Le choix du sac est techniquement comparable et aussi difficile que celui des chaussures et pourrait également faire l’objet d’un billet à lui seul. Les critères de choix principaux sont le poids, le confort du système de portage avec de nombreux  réglages, les accessoires de rangements et leurs facilités d’accès. Un bon système d’évacuation de l’humidité et/ou de la transpiration devra aussi faire partie de la conception idéale du sac.
Un volume de 45 à 50 litres est optimum pour arpenter le chemin.
Le choix d’un sac avec un bon système de portage à armatures flexibles permettra d’assurer du confort avec un réglage précis des bretelles, une ceinture, réglable elle aussi, ainsi qu’une sangle de poitrine.
Ces dispositifs permettent d’ajuster votre sac à votre morphologie et de bien répartir le poids. Celui ci doit être à environ 65 à 70% sur les hanches du porteur et non pas sur ses épaules comme on le croit trop souvent.
Vous trouverez des conseils judicieux pour choisir votre sac à dos dans les magasin spécialisés mais les bancs d’essais sur le net permettent d’être incollables sur ces objets et le prix est souvent inversement proportionnel au poids de celui ci.
La répartition des objets dans le sac est également importante et il vous faudra ranger soigneusement vos affaires qui doivent être équilibrées, les objets les plus lourds seront près de votre dos et si possible en bas du sac afin que le centre de gravité de celui ci soit le plus près possible du corps.

4 – Couvre sac :
Le couvre sac est indispensable si vous n’avez pas de poncho, il est souvent vendu avec les sacs à dos de qualité mais on peut aussi l’acquérir indépendamment de celui-ci.
Dès que les premières gouttes de pluie arrivent, il convient de recouvrir le sac avec cet accessoire qui se fixe généralement  grâce à son entourage élastique. Il faudra néanmoins prendre soin de protéger le contenu du sac par des sacs à zip individuels que nous verrons décrits au § n°44.
Après la pluie, il conviendra de le laisser sur le sac afin qu’il sèche. Le poncho évite normalement l’utilisation du couvre sac, mais en cas de gros orage ou de longue journée de pluie il est recommandé de s’en munir quand même.

5 – Poncho :
Le poncho est un accessoire qui existe en plusieurs versions, la plus connue s’enfile par la tête et recouvre le sac, mais il en existe aussi avec une ouverture vers l’avant. Quand celui-ci comporte des manches on l’appelle alors une cape. Dans tous les cas il conviendra de ne pas acheter les ponchos bas de gamme dont la durée de vie est limitée.

5 bis – Parapluie :
Le parapluie de randonnée devient un peu moins rare sur les sentiers de randonnée. A condition d’en choisir un très solide, celui ci est pratique et par exemple les bergers de moutons en montagne ont tous un grand parapluie qui les accompagne pendant des années sans problèmes et en matière d’intempéries ils s’y connaissent ! .
Malgré un poids supérieur à celui d’un poncho, j’ai choisi cette option, j’en suis fort content et je rencontre de plus en plus d’amateurs et d’amatrices (même aux réunions de l’Association locale, n’est ce pas Sylvie, !!!).

6 – Bâtons télescopiques :
Les bâtons télescopiques font partie de l’équipement de base des randonneurs aujourd’hui et on pourrait aussi faire une page spéciale pour eux. En effet, sur le chemin l’on rencontre de moins en moins de pèlerins munis d’un véritable bourdon mais encore quelques uns avec un bâton en bois.
Il existe deux types de matériaux pour fabriquer ces bâtons télescopiques, l’aluminium et le carbone avec différents pourcentages dans l’alliage, mais on commence à voir des bâtons en titane apparaitre.
Le choix difficile entre les matériaux c’est trouver le meilleur compromis entre la solidité et le prix.
Pour régler la hauteur ou ranger ces bâtons il existe deux techniques, le clip ou le vissage et des bâtons pliables commencent à apparaitre sur le marché mais il n’y a pas de réglage de hauteur possible.
Deux types d’embouts équipent les pointes et les poignées sont disponibles en quatre matériaux qui vont du plastique à la mousse en passant par le caoutchouc et le liège, à différents prix et avec un confort différent selon le produit.
Juste une anecdote : une pancarte à l’entrée d’un village du chemin recommande aux jacquets de ne pas utiliser les bâtons télescopiques dans la traversée à cause du bruit, drôle, non ? .

6 bis – Bourdon et bâton en bois :
Le bourdon est un grand bâton de marche dont la longueur correspond généralement à la hauteur de la base du menton du pèlerin. Il est muni de deux ou trois boules pouvant servir de garde, car le bourdon pouvait devenir une arme pour le jacquet des temps anciens, et il est  ferré à sa pointe.
On le voit toujours sur les statues de Saint Jacques accompagné par une gourde ou plutôt une calebasse.
Il existe encore un fabriquant de bourdon dans les Pyrénées-Atlantiques.(www.bourdon-pelerin.com)
Le mien, que vous pouvez voir dans les premiers billets de ce blog, m’a été offert par un ami ébéniste qui pourra peut être vous en faire un ?…

Les bâtons en bois : c’est léger, pas cher, et si vous le faites vous même dans un morceau de noisetier par exemple, c’est encore mieux !. Le meilleur bois serait le cornouiller qui est un peu souple et très solide, il servait d’ailleurs à faire les manches de marteaux mais on peut aussi utiliser le buis, léger et solide, le frêne ou le châtaigner. Dans tous les cas évitez les bois exotiques pour des raisons écologiques mais aussi de poids.
Il faudra néanmoins protéger l’extrémité du bâton en bois afin de remédier à l’usure de celle-ci. Un morceau de tube en métal enfiché sur l’extrémité ou un embout de type « pied de chaise » peut diminuer l’usure. On ne trouve sur le net que quelques embouts à fixer sur le bâton, je ne vous recommande pas le mien qui, bien que son concept soit génial, est hors de prix (voir au prix de l’or!) après paiement de l’objet, du transport depuis le Canada et des frais de douanes.

7 – Sac de couchage :
Le sac de couchage n’est pas indispensable sur le chemin car tous les gites fournissent des couvertures et un sac à viande (voir § 7bis) suffit à s’assurer un confort certain. Néanmoins on trouve de temps en temps un gite espagnol sans couvertures alors ?
Pour les amateurs, trouver sur le marché un sac de couchage de moins d’un kilo coute très cher, même si la nouveauté chez les chercheurs de poids minimum est le Kilt, sac avec le dessous non rembourré pour gagner quelques centaines de grammes (donc sans capuche et sans duvet sur le dos) mais par exemple le kilt Cumulus 350 pèse 588 g. pour 200 €, ce n’est qu’un exemple, mais à vous de voir !.

7 bis – Sac à viande ou drap de sac de couchage :
Cet accessoire servait à l’origine à protéger l’intérieur des sacs de couchage. On l’utilise maintenant sur le chemin pour coucher dedans sans avoir de contact avec les couvertures des gites. Il en existe en plusieurs matières comme la soie (ultra légère) ou le coton, la laine et même en polaire beaucoup plus confortable mais un peu plus lourde.

8 – Couverture de survie :
Avoir une couverture de survie est indispensable dans son sac à dos. Elle peut servir dans les situations d’urgence pour vous ou un autre pèlerin mais vous servira également comme tapis lors d’une nuit à la belle étoile ou de couverture si vous ne trouvez pas de gite dans une période de forte fréquentation du chemin. Le prix de cet accessoire va de moins d’un euro à 40 € pour une couverture réutilisable, mais on en trouve à des prix corrects qui couvrent toutes les utilisations dans vos magasins habituels.

9 – Lampe frontale :
On trouve des lampes frontales à piles à partir de 6,00€ et jusqu’à plus de 200,00€ mais ces modèles sont en général réservés aux pratiquants du trail ou de course d’endurance qui ont besoin d’un éclairage puissant pour courir.
Elles sont souvent équipées de piles alcalines mais certaines possèdent une batterie rechargeable. J’ai une de celle ci et le branchement dans les gites m’a quelquefois posé quelques problèmes, même si l’espace entre les recharges est de plusieurs jours et que le chargeur est le même que la tablette.

En Espagne, ou l’on part très tôt le matin, pour assurer le gite du soir, il est confortable d’avoir une frontale qui éclaire bien et longtemps, alors si vous le pouvez, choisissez une bonne marque de lampe !.

10 – Chaussettes randonnée :
Encore un accessoire qui devra être choisi avec soins pour éviter les ampoules, véritable plaie du chemin.
Les prix vont de 12,00 à 32,00 €, avec des matières naturelles ou synthétiques mais les tests des sites internet spécialisés dans le running ou la randonnée vous donneront les meilleures chaussettes du marché.
Personnellement j’ai choisi les chaussettes de type doubles, composées de deux chaussettes fines, qui ne sont pas plus épaisses que les modèles classiques, mais qui sont le meilleur remède contre les ampoules. Un autre truc, je ne prends jamais le même modèle et je préfère en avoir trois paires de marques et modèles différents car si l’une d’elle me tale le pied à un endroit précis, les deux autres me permettront de marcher sans problème.
Les matières synthétiques permettent un séchage rapide et les personnes ayant des problèmes d’odeurs préfèreront la laine mérinos qui est un bon choix. Les poids des paires de chaussettes de chaque marque n’ont pas une grande différence entre elles, soit entre 55 et 70 grammes et près de 80g. pour les laines mérinos.
Sylvie, qui vient de terminer son pèlerinage (fin juin 2016, donc une actualisation!) est équipée de chaussettes à doigts de pieds séparés qui lui ont permis d’éviter toutes ampoules durant sa pérégrination du puy à St Jacques. Ceci me fait dire qu’il faut essayer sur le terrain afin de trouver la chaussette qui convient à votre pied.

11 – Tee-shirt rando. :
Chaque pèlerin possède dans son sac des tee shirts que l’on appelle « technique », qui sont respirant c’est à dire qu’ils transfèrent l’humidité à l’extérieur. Il faut éviter le coton qui lui, garde l’humidité au contact de votre peau, et vous donne vite une impression de froid.
D’autre part, pour la lessive du soir, le tee-shirt technique sèche très vite alors qu’il faut plusieurs heures au coton pour atteindre le même état.
Ces vêtements techniques sont disponibles sur le marché à des prix allant de 4,00 à 65,00€ selon les marques et les matériaux.

12 – Polo ou chemise rando. :
Certains pèlerins préfèrent porter des chemises ou des polos pour marcher sur le chemin de Compostelle. On trouve maintenant ces vêtements dans les mêmes matières techniques que les tee-shirts.
Le poids de ces vêtements est bien entendu un peu plus lourd que les tee-shirts mais le confort est aussi plus important.
On trouve aussi des chemises et polos fabriqués dans une matière qui peut être considérée comme anti U.V. et qui permettent d’éviter les « coups de soleil » avec par exemple les chemises à manches longues . Il existe aussi des tissus anti moustiques réservés aux randonnées dans les pays exotiques ou pour les personnes allergiques à ces insectes.
Le poids des polos et chemises sera un peu plus important que celui des tee-shirt, mais le panachage des tenues est pratique, avec par exemple deux tee-shirts pour randonner et un polo pour le soir à l’étape.

13 – Polaire légère :
Au printemps ou en automne, un petit blouson ou un sweat-shirt en laine polaire est quelquefois utile.
On trouve sur le marché ces vêtements avec un poids assez léger même pour une bonne protection contre le froid. On porte également ce vêtement sous la veste de pluie quand le matin, le fond de l’air est un peu plus frais.
La large gamme de polaire que l’on trouve dans les magasins spécialisés permet de faire son choix en matière de poids et d’épaisseur.

Pour l’hiver, il conviendra d’emporter une polaire un peu plus épaisse pour assurer la théorie des trois couches indispensables en cas de froid.

Vous savez tout sur le contenu du sac à dos (1) trouverez la suite vendredi prochain… Alors à bientôt !

Bon chemin, Ultreïa !.

2 Commentaires

  • je parts mi avril 2017 et je suis ravi de la pertimance de ces listes amicalemenr jo

    • Cher Joel,
      Merci de considérer que mes listes sont pertinentes, cela me fait très plaisir !
      Je te souhaite un buon camino pour ce printemps prochain ou je partirai également.
      Amicalement,
      Jacques

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